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    Coding agentique : les coulisses d'une vraie session avec Claude

    On parle beaucoup de coding agentique, mais on voit rarement ce qui se passe vraiment pendant une session. Alors j'ai codé un projet avec un agent et j'ai tout documenté, de l'initialisation à la mise en ligne, y compris mes erreurs.

    Pourquoi raconter une session de coding agentique en entier

    Je suis depuis 3 ans la newsletter Ben's Bites. Son auteur a lancé un format que j'ai trouvé très instructif : il partage de manière transparente une de ses sessions avec un agent, du premier prompt au dernier bug (sa première session est en ligne ici). J'ai décidé de faire la même chose.

    Le principe est simple : je code un projet avec un agent et j'explique ce qui se passe tout du long. Ce que je construis n'est pas le plus important. Ce que je cherche, c'est comment utiliser les agents plus efficacement.

    Si vous n'avez jamais ouvert Claude Code, commencez plutôt par mon guide pour débuter avec Claude Code sans savoir coder : il couvre l'installation et les premiers projets. Ici, on parle de méthode.

    Étape 1 : préparer le terrain avant le premier prompt

    Un dossier dédié et des permissions maîtrisées

    J'ai créé sur mon Mac un dossier appelé Claude-project. C'est le seul dossier auquel je donne accès à Claude en mode « bypass permissions ». Ce mode me permet d'aller plus vite maintenant que j'ai l'habitude, car sinon l'agent demande une autorisation à chaque action.

    Ma recommandation est progressive : au début, tout lire et tout valider ; ensuite passer en mode auto ; enfin, seulement si vous êtes à l'aise, le bypass, et uniquement sur un dossier précis. La documentation d'Anthropic va plus loin dans la prudence : elle réserve le mode bypassPermissions aux conteneurs et machines virtuelles isolés et recommande le mode auto pour réduire les demandes d'autorisation tout en gardant des vérifications de sécurité en arrière-plan.

    Des fichiers de mémoire dès le départ

    Dans ce dossier, j'ai demandé à Claude de créer deux fichiers : memory.md et implement.md. Puis je lui ai fait inscrire une règle dans CLAUDE.md, le fichier qu'il relit au début de chaque session : paralléliser un maximum en utilisant des sous-agents.

    Les sous-agents travaillent en même temps sur différentes parties du code, puis rapportent leur travail à l'agent principal. Pour moi, cela permet de gagner du temps, de l'argent et de limiter l'impact sur la planète. Techniquement, chaque sous-agent dispose de sa propre fenêtre de contexte et ne renvoie qu'un résumé, ce qui allège la conversation principale.

    Étape 2 : planifier avant de laisser l'agent coder

    Je ne le fais pas toujours, mais cette fois j'ai rédigé un prompt complet, avec du contexte et 4 étapes à réaliser. Et je suis sorti du mode bypass pour passer en mode plan : l'agent explore et propose, mais ne modifie rien tant que je n'ai pas validé.

    Premier moment « dingue » de la session : j'avais envoyé via WhatsApp les logos que j'avais dessinés, et l'agent les a retrouvés tout seul.

    Deuxième bonne surprise : avant de planifier, l'agent m'a posé ses questions sous forme de choix à cocher (la fonctionnalité AskUserQuestion). J'ai coché mes réponses, et il m'a proposé un plan détaillé, avec la liste des sous-agents qu'il allait faire tourner.

    Étape 3 : regarder les sous-agents travailler

    Pendant l'implémentation, je pouvais voir les sous-agents à l'œuvre dans le panneau de droite. Résultat : un fichier HTML avec mes logos, comme demandé. J'ai choisi l'option B. Un sous-agent m'a livré le rendu avec des couleurs, un autre des propositions de noms.

    Problème : les noms étaient nuls. J'ai donc voulu tester quelque chose de plus ambitieux.

    Un workflow multi-agents pour trouver un nom

    L'idée : je suis le « big boss », avec deux managers qui demandent à leurs équipes de brainstormer pour me rendre un top 10 de branding. Fable, le modèle qui jouait le rôle de mon COO dans cette session, a construit un workflow impressionnant :

    • des sous-agents Sonnet génèrent des idées et brainstorment entre eux sur 75 noms ;
    • des votes ont lieu par équipe ;
    • chaque manager Opus reçoit 20 noms, les reclasse et les note selon sa personnalité ;
    • les deux managers échangent et s'accordent sur un top 10 consensuel ;
    • un agent Haiku vérifie si les noms de domaine en .com sont disponibles ;
    • Fable me remonte les 10 finalistes.

    L'intérêt de ce type de workflow : attribuer à chaque modèle la tâche qui correspond à son niveau, le plus léger pour une vérification mécanique, les plus puissants pour le jugement. La documentation confirme qu'on peut choisir le modèle de chaque sous-agent. J'ai d'ailleurs consacré un retour d'expérience à Claude Fable 5.

    Étape 4 : paralléliser pendant que l'agent réfléchit

    Le workflow de naming était long. Plutôt que d'attendre, j'ai demandé à l'agent ce que je pouvais faire en parallèle. Il m'a suggéré plusieurs tâches, toutes bouclées en moins de 5 minutes.

    Le naming, lui, a pris 45 minutes. J'ai attendu, encore et encore, en me demandant si je ne cramais pas des tokens pour rien. Et puis une belle trouvaille est sortie : omfaro.

    Le nom vient d'omphalos, le centre du monde en grec ancien, associé au phare. J'aime l'idée : retrouver son centre grâce au phare, cet élément qui empêche de se perdre dans la brume, la petite lumière qui résiste à l'ombre et permet de garder le cap malgré les turbulences. J'ai acheté le domaine dans la foulée, sur Vercel.

    Étape 5 : design, compactage et mise en ligne

    Pendant ce temps, l'agent a lancé le design. Et là, première déception : alors que mon CLAUDE.md lui demandait de toujours déléguer à d'autres modèles, il a confié les maquettes à Fable 5 lui-même. Du gâchis selon moi : au moment de cette session, en août 2026, j'utilisais Opus 5 et je l'aurais préféré pour ce travail.

    Une précision pour ceux qui liront cet article plus tard : en octobre 2026, ce sont Claude Opus 5.5 et GPT-6 Astra que je trouve très bons pour ce type de travail. C'est mon avis d'utilisateur, pas un classement. Le meilleur modèle change tous les quelques mois : regardez l'état de l'art au moment où vous me lisez. La méthode (sous-agents, mode plan, règles écrites dans un fichier, critères de fin) compte plus que le nom du modèle.

    Une règle écrite dans CLAUDE.md oriente l'agent, elle ne le contraint pas : la documentation précise d'ailleurs que ce fichier est traité comme du contexte, pas comme une configuration imposée.

    À ce stade, la conversation devenait longue. J'ai donc compacté le contexte pour éviter que le modèle soit surchargé. Bonne nouvelle : le CLAUDE.md placé à la racine du projet est relu après un compactage, donc les règles du projet survivent.

    L'agent m'a ensuite proposé 3 directions graphiques. J'ai choisi la deuxième. Avec la fonction /design de Claude, il m'a créé un design modifiable de chaque page. Et le site est en ligne : omfaro.com.

    Mon erreur de la session

    Je l'avoue : pendant le super workflow de naming, j'ai appuyé sur le bouton d'arrêt par erreur. Heureusement, Claude a pu le récupérer.

    Les leçons de Ben's Bites que j'applique désormais

    Voici les conseils de Ben que j'ai appréciés, reformulés :

    • Définir ce que « terminé » veut dire. Avant de confier une tâche, fixez les critères de fin. Pour un site : contenu bien mis en forme, espacements cohérents, respect du design system, affichage correct sur mobile. Chez Ben, la tâche n'était finie que lorsque son extension Chrome fonctionnait réellement, testée de bout en bout.
    • Surveiller les tokens et la mémoire. Gardez un contexte frais et compactez, mais demandez à l'agent de noter dans un fichier ce qui a été fait et ce qui n'a pas marché, pour ne pas refaire deux fois les mêmes tests.
    • Mettre le contexte important dans un fichier. Un fichier se relit à la demande et survit au compactage, contrairement à une consigne noyée dans la conversation.
    • Changer de modèle si ça bloque. Si ça ne marche pas, passez à un modèle plus puissant.
    • Montrer le problème. Ajoutez un enregistrement d'écran quand ça ne marche vraiment pas.
    • Relancer en cours de route. Les messages de suivi au milieu d'une tâche peuvent être utiles.

    Le message de fond du récit de Ben : quand un agent tourne en rond, c'est souvent la direction humaine qui manque de clarté, pas le modèle qui manque de capacité.

    Ce que ça change pour les entreprises

    Relisez les étapes de cette session : fixer un cadre (le dossier, les permissions), écrire les règles du jeu (CLAUDE.md), exiger un plan, répartir le travail entre « managers » et « équipes », choisir parmi les propositions. Ce sont des gestes de chef de projet bien plus que de développeur.

    Cela ne veut pas dire que tout le monde doit se mettre à Claude Code : pour beaucoup de profils non techniques, d'autres outils agentiques sont plus adaptés, comme je l'explique dans mon comparatif Codex vs Claude Code pour les non-développeurs. Et pour une vue d'ensemble de ce que les agents peuvent faire dans une PME, mon guide complet des agents IA pose les bases.

    Omfaro va devenir le site vitrine de mes explorations IA, l'endroit où je documente mes trouvailles. Les prochaines étapes : brancher la newsletter et le blog, améliorer mes outils, créer les réseaux sociaux et tester les publicités avec l'IA. Ce terrain d'expérimentation me permettra aussi de mieux accompagner les clients de MAIjin, où nous avons déjà formé plus de 4 500 professionnels dans plus de 150 organisations.

    Ce qu'il faut retenir

    • •Le coding agentique se prépare : un dossier dédié, des permissions progressives et un CLAUDE.md avec vos règles avant le premier prompt.
    • •Le mode plan et les questions de l'agent en amont évitent les allers-retours coûteux.
    • •Un workflow multi-agents bien conçu attribue à chaque modèle (Haiku, Sonnet, Opus, Fable) la tâche qui correspond à son niveau.
    • •Les consignes de CLAUDE.md orientent l'agent sans le contraindre : vérifiez qu'il les respecte.
    • •Définissez toujours ce que « terminé » veut dire, et faites écrire l'avancement dans des fichiers.

    Questions fréquentes

    C'est une façon de développer où l'on confie à un agent IA la réalisation de tâches complètes : lire des fichiers, écrire du code, lancer des commandes, tester. L'humain fixe l'objectif, le cadre et les critères de réussite, puis contrôle le résultat plutôt que d'écrire chaque ligne.

    Les sous-agents sont des instances secondaires de Claude qui traitent une tâche précise dans leur propre fenêtre de contexte, puis renvoient un résumé à l'agent principal. Ils permettent de paralléliser le travail et d'attribuer un modèle différent à chaque type de tâche.

    Pas pour débuter. Commencez par valider chaque action, puis passez au mode auto qui garde des vérifications de sécurité. Anthropic réserve le mode bypass aux environnements isolés (conteneurs, machines virtuelles), car il désactive toutes les protections.

    Cela dépend de la tâche. Dans ma session, des tâches simples ont été bouclées en moins de 5 minutes, alors que le workflow de naming multi-agents a tourné 45 minutes. D'où l'intérêt de paralléliser pendant que l'agent travaille.

    À propos de l'auteur

    Jean-Baptiste Berthoux est co-fondateur et Chief AI Officer de MAIjin. Depuis 2023, il a accompagné plus de 150 organisations et formé plus de 4 500 professionnels à l'IA générative en Suisse romande. En savoir plus

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