Cold emailing avec l'IA : mon test chiffré avec Claude Code
Et si, au lieu d'attendre mes lecteurs, j'allais les chercher ? C'est la question que je me suis posée après la sortie de mon livre, et j'y ai répondu avec une vraie machine de prospection montée avec Claude Code. Voici mon retour d'expérience complet, chiffres réels à l'appui, y compris ce qui n'a pas fonctionné.
Pourquoi j'ai tenté l'outbound pour vendre un livre
L'inbound, c'est laisser les gens venir à vous : contenu, SEO, réputation. L'outbound, c'est l'inverse : vous allez vers les gens pour leur proposer quelque chose.
Mon idée était simple. Contacter les librairies susceptibles d'être intéressées par "Prenez le virage de l'IA", avec une séquence d'emails renvoyant vers une vidéo profondément humaine. Et, si possible, rentabiliser les outils achetés pour l'occasion.
Le problème ? Je ne savais ni quels outils utiliser, ni comment les configurer. Alors j'ai fait ce que je fais de plus en plus souvent : j'ai ouvert Claude Code et je lui ai tout expliqué. Si vous n'avez jamais utilisé cet outil, mon guide complet pour débuter avec Claude Code pose les bases.
La chaîne de cold emailing montée avec Claude Code, étape par étape
Claude Code m'a aidé à construire une chaîne en quatre étapes. Je la détaille, parce que c'est là que réside la vraie valeur.
1. Récupérer la liste avec Apify
J'avais l'intuition qu'on pouvait récupérer les noms de librairies depuis Google Maps. Claude Code m'a orienté vers Apify, une plateforme d'automatisation qui permet notamment d'extraire les informations de fiches Google Maps, et qui fonctionne par abonnement puis consommation de crédits. Je lui ai donné ma clé API, et il a piloté Apify pour moi.
Résultat : environ 1 200 librairies récupérées, France et Suisse confondues.
2. Trouver les emails avec Hunter
Avoir les noms, c'est bien. Avoir les emails, c'est mieux. J'ai utilisé Hunter, qui reconstruit des adresses professionnelles à partir d'un nom et d'un domaine. Là encore, clé API confiée à Claude Code, qui a fait le travail.
Sur mes 1 200 librairies, Hunter a trouvé 435 emails, soit 36 %. Sa limite connue : il devine parfois des adresses qui n'existent plus. Et en cold emailing, une adresse morte, c'est du poison pour votre réputation d'expéditeur.
3. Nettoyer la liste avec NeverBounce
D'où l'étape suivante : NeverBounce, un outil de vérification d'emails facturé au crédit. Pour une quinzaine d'euros, j'ai testé toute ma liste et éliminé environ 30 % d'adresses invalides (de 435 à 311).
J'ai ensuite purgé manuellement les domaines de regroupements et de chaînes (type leslibraires.fr) pour arriver à 227 contacts vraiment propres. Ce double ménage est indispensable avant d'envoyer quoi que ce soit.
4. Préchauffer et envoyer avec Instantly
Dernière étape, la plus technique. Avant d'envoyer une campagne, il faut "préchauffer" les boîtes d'envoi : les faire échanger des emails pendant plusieurs jours pour qu'elles se construisent une réputation d'expéditeur auprès des fournisseurs de messagerie.
Claude Code m'a orienté vers Instantly. J'y ai acheté 3 adresses d'envoi, lancé une préchauffe de 10 à 15 jours, puis diffusé une séquence de 3 emails. Chaque email menait vers une vidéo de 4 minutes que j'ai enregistrée moi-même, où j'explique le livre et ma démarche.
C'était le pari : automatiser en amont, mais garder un point de contact profondément humain.
Le tunnel complet, en un coup d'œil : 1 200 librairies récupérées, 435 emails trouvés, 311 adresses valides, 227 contacts réellement sollicités.
Ce que Claude Code fait vraiment bien dans ce type de projet
Deux choses m'ont surpris. D'abord, je ne savais pas créer une séquence dans Instantly. Claude Code a pris la main sur Chrome, s'est connecté et a construit la séquence à ma place. Sans lui, je n'aurais tout simplement pas su faire, ou cela aurait été bien plus pénible. J'avais l'impression d'avoir un stagiaire de chez Instantly qui m'onboardait.
Ensuite, il m'a indiqué exactement où trouver les clés API dans chaque outil, et c'était juste à chaque fois. Une fois le cap du terminal franchi, il suffit de lui parler pour aller loin.
J'en sors avec une conviction renforcée : Claude Code est un copilote technique remarquable, à condition d'avoir du temps, du budget et des indicateurs clairs. Pour choisir votre outil, voyez notre comparatif Codex ou Claude Code pour un non-développeur.
Les résultats réels de la campagne
J'ai mené deux campagnes : une en France, une en Suisse, ciblée sur les librairies Payot. Voici les chiffres, sans retouche :
- Contacts sollicités : 227 (124 en France, 103 en Suisse).
- Emails envoyés (séquence de 3 messages) : 655 (357 pour la France, 298 pour la Suisse).
- Réponses : 26, soit 11,5 % des contacts. 14,6 % côté Payot contre 8,9 % côté France. Ce total inclut quelques réponses automatiques, mais pour de la prospection à froid pure, c'est un bon niveau.
- Opportunités qualifiées : 2, soit environ 1 %, toutes deux en Suisse.
- Bounces : 2 (0,3 %).
- Désinscriptions ou plaintes pour spam : 0.
Ce qui a le mieux marché : la preuve sociale concrète
Les deux opportunités sont suisses, et ce n'est pas un hasard. La version suisse de mes emails intégrait une photo d'une table Payot en situation. La version française était plus abstraite.
Écart de réponse de près de six points, et surtout 2 opportunités contre 0. La preuve sociale concrète a battu l'argumentaire. C'est le vrai enseignement de la campagne.
Le bémol : la qualité du ciblage
Ma liste comprenait aussi quelques librairies spécialisées, en bande dessinée notamment, pour lesquelles un livre sur l'IA en entreprise était moins pertinent. Affiner la segmentation en amont, c'est ce que je soignerais en priorité si je recommençais : un message adapté à son destinataire est aussi un message mieux reçu.
Le ROI, ou pourquoi une belle machinerie ne suffit pas
Passons à la partie qui fâche. Le détail des outils :
- Apify : 27 €
- NeverBounce : 14 €
- Instantly (abonnement) : 97 €
- Adresses d'envoi : 27 €
- Boîtes d'envoi (12 × 4 € par mois) : 48 €
- API Anthropic : 2 €
- Hunter : 34 €
Total outils : 249 €. En ajoutant le mois d'abonnement Claude Code (formule Max, de l'ordre de 200 €), on arrive à 449 €. Pour 2 leads, soit 224,50 € le lead.
Faisons l'hypothèse que ces deux librairies commandent chacune dix exemplaires. Mes droits d'auteur représentent environ 1,50 CHF par exemplaire, soit une trentaine de francs au total, imputés sur l'à-valoir déjà versé. En trésorerie réelle : zéro. Pour que l'opération s'équilibre, il aurait fallu qu'une trentaine de librairies commandent dix exemplaires chacune. J'en ai convaincu deux.
L'efficiency maxxing appliqué à mon propre test
Ce résultat illustre parfaitement l'efficiency maxxing. L'idée est de cesser de mesurer sa maîtrise de l'IA à la quantité qu'on en consomme, et de la mesurer au résultat obtenu par franc et par heure investis. La bonne question n'est plus "combien de fois j'utilise l'IA", mais "qu'est-ce que j'ai à montrer pour ce que ça m'a coûté".
Techniquement, ma chaîne fonctionnait parfaitement. Économiquement, c'était une mauvaise décision. Dans mes accompagnements, les organisations qui progressent le plus vite ne sont pas celles qui utilisent le plus l'IA : ce sont celles qui savent où ne pas la mettre.
Est-ce que je regrette ? Pas une seconde. Ces livres ouvriront peut-être des mandats ou des conférences, et dans tous les cas, j'ai appris.
Avant de vous lancer : volume, ciblage et cadre légal
Le cold emailing à cette échelle est un jeu de volume. Pour une structure qui vend un service à fort volume, il peut avoir du sens (en B2C, les règles de prospection envers les particuliers sont souvent plus strictes, à vérifier avant tout envoi) : en France, le nombre de librairies aurait pu justifier la démarche. Sur un marché à faible volume et forte marge, où la confiance prime, cette grosse machinerie n'est pas la bonne approche.
Trois garde-fous avant d'automatiser votre prospection :
- Un indicateur de succès chiffré avant de commencer : coût maximal par lead, nombre de rendez-vous visés, seuil de rentabilité.
- Une liste ciblée et nettoyée, quitte à la réduire fortement.
- Une vérification du cadre légal applicable. Les règles qui encadrent la prospection par email entre professionnels ne sont pas les mêmes en France et en Suisse, et elles peuvent dépendre du type de destinataire. Avant de lancer une campagne, vérifiez notamment dans quelles conditions vous pouvez contacter vos destinataires, le lien entre votre message et leur activité, l'identification claire de l'expéditeur et la présence d'un moyen simple et gratuit de se désinscrire. Les références officielles : la CNIL pour la France, et l'OFCOM pour la Suisse (loi contre la concurrence déloyale, art. 3, let. o LCD).
Ces points sont des repères généraux et ne constituent pas un avis juridique : pour votre situation précise, faites valider votre démarche par un juriste.
Pour aller plus loin sur l'automatisation de ce type de chaîne, notre guide des agents IA pour les PME montre comment passer d'un test ponctuel à un processus durable.
Et si votre activité repose sur du volume, c'est le type de système que je peux mettre en place avec MAIjin, dans le respect du cadre applicable à votre marché : je peux reproduire cette machinerie pour vous, en tirant parti de ce que ce test m'a appris sur le ciblage, avec un objectif de ROI défini dès le départ.
Ce qu'il faut retenir
- Claude Code sait piloter des outils tiers (Apify, Hunter, NeverBounce, Instantly) et vous guider pas à pas, clés API comprises.
- Le stack type du cold emailing : récupération de la liste, recherche d'emails, nettoyage, préchauffe puis envoi.
- La qualité de la donnée en amont fait toute la différence : sur 1 200 librairies, seuls 227 contacts étaient vraiment exploitables.
- La preuve sociale concrète (une vraie photo en situation) a converti mieux qu'un bel argumentaire : 2 opportunités contre 0.
- Le cold emailing de volume convient plutôt aux marchés larges, dans le respect des règles propres à chaque pays ; pour du premium à faible volume, 449 € pour 2 leads, le verdict est sans appel.
Questions fréquentes
À propos de l'auteur
Jean-Baptiste Berthoux est co-fondateur et Chief AI Officer de MAIjin. Depuis 2023, il a accompagné plus de 150 organisations et formé plus de 4 500 professionnels à l'IA générative en Suisse romande. En savoir plus
Vous voulez recevoir chaque semaine ce type de retour d'expérience, chiffres réels compris ? Rejoignez les plus de 5 800 abonnés de L'hebdo de MAIjin.
Articles recommandés
Claude Code sans savoir coder : le guide pas à pas 2026
Installer Claude Code et créer vos premiers outils sans écrire une ligne de code : installation Mac et Windows, bonnes pratiques, subagents et pièges à éviter.
Agents IA en 2026 : le guide complet pour les PME
Agents IA, automatisation ou IA générative, quelles différences ? Le guide complet 2026 avec les 5 niveaux d'autonomie et ma méthode pour démarrer.